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    Luberon

    Ville de Cavaillon

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    Description

    Lorsqu’on regarde Cavaillon du haut de la colline Saint-Jacques, on est tenté de dire que la ville est dans un trou. N’est-elle pas installée dans le fossé d’effondrement de la grande ligne de faille qui monte jusqu’au sommet de l’Europe ? Mais Cavaillon, qui semble dormir au grand soleil, est en train de sortir de sa léthargie séculaire. Située le long de l’autoroute de la vallée du Rhône, ne craignant plus les débordements d’une Durance redoutée durant des siècles, la ville construit, attire des industries et développe ce qui fait sa renommée mondiale : la culture de ses melons.
    Qu’on ne se fie pas à son aspect endormi. Si durant l’occupation allemande, un article a pu paraître sur Cavaillon avec en titre : « Une ville qui n’a pas d’histoire », c’était pour les besoins de la propagande du temps. 2.000 ans avant notre ère, commence l’histoire de Cavaillon sur la colline Saint-Jacques.
    Les hommes du Néolithique ont habité le promontoire qui surveille toutes les plaines alentour : leurs armes et leurs outils nous le rappellent. Les Ligures ont succédé aux hommes de la préhistoire, puis après l’invasion celte, la tribu des Cavares se fixe sur la colline, la fortifie et lui donne son nom : Cabellio, ou encore autre forme dérivée, Mont Caveau.
    Plus de 200 ans avant J.C., Cabellio est une place commerciale de grande importance ; c’est un de ces relais dont se servent les marchands de Massalia pour pratiquer leurs échanges avec la Gaule intérieure. C’est pourquoi on a trouvé une quantité de monnaies massaliotes sur les pentes de la colline Saint-Jacques. Mieux, la domination commerciale est telle que les Cavares sont devenus les alliés inconditionnels des marseillais. Etienne de Byzance cite même Cabellio comme faisant partie des « villes marseillaises ».
    Mais Marseille est victime de la guerre entre Pompée et César. Ayant choisi le mauvais camp, elle est prise par les armées de César et toutes ses cités satellites tombent sous la domination romaine.
    Durant des siècles, la paix permet à Cabellio de descendre de son rocher pour se fixer dans la plaine : Cavaillon est née. Cité de droit latin, importante étape sur la voie domitienne, Cavaillon ne cesse de croître et exerce une influence dans la Narbonnaise, contrôlant en particulier le trafic de la Durance avec ses utriculaires (bateliers).
    Les puits dépotoirs de Cavaillon
    Les puits dépotoirs de Cavaillon sur le flanc nord de la colline Saint-Jacques ont livré à la fouille des vestiges importants du 1er siècle avant J.-C. C’est au cours de l’exploitation des carrières de sable et de gravier ouvertes à cet endroit que l’on a trouvé cette série de puits. Ils renfermaient de nombreuses poteries communes ménagères et des monnaies. En même temps on a découvert des fosses à provisions contenant des pépins de raisin et des graines de pin-pignon, des vestiges de fruits, figues et noix, du pain, des galettes, des volailles et du poisson, qui étaient contenus dans des vases en poterie sigillés.
    Le vase aux casques a été trouvé dans un des puits dépotoirs. Il sort de l’atelier du potier Cnéius Ateius d’Arezzo en Italie et a été fabriqué vers la fin du 1″ siècle avant notre ère. Ce vase campaniforme rouge vernissé montre un combat en relief entre grecs et amazones. Mais la grande particularité de ce vase est de présenter comme décoration, une frise de casques aux types alternés, romains et gaulois.
    Le troubadour de Cavaillon
    Gui de Cavaillon est un troubadour célèbre. En lutte contre Raimond VII de Toulouse entre 1205 et 1229, il sera le conseiller écouté de Raimond Béranger. On lui connaît deux surnoms qui lui sont décernés par d’autres chanteurs : Cabrit et Esperdut, On chuchotait de son temps, et ses compagnons l’ont dit en chansons, qu’il était l’amant de la belle Gersende, l’épouse d’Alfonse II de Provence. On a conservé de lui quelques couplets où il chante la guerre et les batailles sans oublier d’y rendre hommage à la beauté des femmes :
    « Je ferai sur cette mélodie deux couplets
    Que j’enverrai à Bertran d’Avignon,
    Qu’il sache bien que je suis dans Chateauneuf
    Et que les français sont autour de nous.
    Et il me souvient bien de celle à laquelle j’appartiens
    C’est pourquoi souvent je pique de l’éperon,
    Je pousse mon cri de guerre et déploie le lion de mon enseigne.
    Aussi je mande la nouvelle à Bertran d’Avignon,
    Oui, à Bertran. »
    Philippe de Cabassole, grand homme, évêque de Cavaillon
    Philippe de Cabassole est né à Cavaillon vers 1305. A 12 ans il était pourvu d’un canonicat et fut nommé évêque avant l’âge prescrit : il n’avait pas trente ans. Son grand ami Pétrarque écrivait alors « C’est un grand homme à qui on a donné un petit évêché ». A la mort de Robert d’Anjou, Cabassole devient gestionnaire des états de Sicile pendant la minorité de la Reine Jeanne et il remplit plusieurs missions délicates pour Innocent VI, Patriarche de Jérusalem, c’est lui qui prononça l’éloge funèbre de Delphine, veuve de saint Elzéar. En 1367, il est nommé recteur du Comtat Venaissin et vicaire du pape pour le spirituel et le temporel. C’est au château de Vaucluse qu’il aimait à se retirer, mais les voyages ruinèrent sa santé ; il mourut le 27 août 1372 à Pérouse en Italie. Il fut inhumé à la chartreuse de Bonpas, puis à sa démolition, ses restes furent déposés dans l’église de Caumont.
    Le trésor de François Ier à Cavaillon
    Puis vient la période de la décadence et Cavaillon sombre dans les bouleversements des grandes invasions qui transforment complètement la région. Viennent les seigneurs. La ville est ballottée entre le royaume de Bourgogne, le comté d’Arles et celui de Provence. On a pourtant conservé de ces siècles, le nom d’un évêque du IVme siècle : Genialis en 396.
    Rostaing Bellinger de Carbonnel en 1233 achète à Geoffroy et à sa femme Béatrix, toutes leurs possessions sur Cavaillon dont il devient l’unique seigneur. Il lui en coûte 5.166 sols et 8 deniers raymondins. Le pape intègre Cavaillon dans ses états lorsqu’en 1274 il devient propriétaire du Comtat Venaissin, grâce à Philippe le Hardi, roi de France. Désormais c’est l’évêque qui, avec le gouverneur, devient co-seigneur de la ville administrée par trois consuls. Le 6 novembre 1543 une ligne symbolique sera décidée entre Pierre de Gelado, protonotaire apostolique, trésorier général du comtat et l’évêque Pierre de Ghinucci. La ville est ainsi partagée en deux ; de la porte du Clos à la porte de la Couronne, la partie de droite appartient au pape représenté par son protonotaire, celle de gauche reste à l’évêque.
    Six ans plus tôt, François 1er roi de France avait rendu visite aux cavaillonnais. Le roi de France à cette occasion autorise la ville à dévier une partie des eaux de la Durance qui appartenait à la France, afin d’irriguer les champs du terroir de Cavaillon. C’est de cette époque que date le développement des cultures de la cité.
    Mais le XVIme siècle n’avait pas que de joyeuses fêtes à apporter et, en 1562, les troupes du baron des Adrets, le grand chef protestant, parviennent devant la ville qui ne résiste pas. Que pouvait-elle faire devant 4.000 hommes et 7 canons ? Les Huguenots pillent, ravagent la cathédrale, l’incendient ainsi que le couvent des Dominicains, avant de se retirer le 4 septembre.
    Au lieu-dit le pré de la peste, sur la route d’Avignon se trouve encore la stèle commémorative érigée après le passage de l’épidémie qui en 1636 fit mourir 3.600 personnes. Heureusement les cavaillonnais eurent pluş de chance avec celle de 1720 qui ne les atteignit point.
    La première église de Cavaillon
    La charte de l’évêque Pons de Lagnes de 1312 dit que la première église de Cavaillon serait due à saint Véran, au VIme siècle. On en a conservé une fort belle table d’autel mérovingienne conservée au musée. Le document rapporte que la nouvelle construction ne devait être consacrée que par un pape, c’est pourquoi Innocent IV revenant du Concile de Lyon, où il avait condamné l’empereur Frédéric II, procéda à la cérémonie.
    C’est le 7 juillet 1321 que Pons de Lagnes fit transférer le corps de saint Véran, de Vaucluse où il était inhumé dans une chapelle de la cathédrale de Cavaillon, car il craignait une profanation des reliques du saint par les bandes armées qui ravageaient la région. Pétrarque assistait à cette cérémonie puisqu’il signa le procès verbal de la translation. Il en a d’ailleurs fait le récit dans la IIIme égloque où elle est racontée par Daphné.
    L’arrivée de François 1er
    Le 9 décembre 1537, Anne de Montmorency Grand Maître de France et le Cardinal de Lorraine arrivent à Cavaillon pour préparer la venue de François 1er. Ils sont reçus par le Cardinal Jérôme Ghinucci et le nouveau viguier perpétuel, Jean Meynier d’Oppède. Le 12, le roi entre dans la ville accompagné des princes du sang, de cardinaux, d’évêques, de barons et chevaliers et de plus de 2.000 chevaux. Le Roi sera logé dans la maison du viguier et le dauphin dans celle de noble Accurse de Podio.
    Les limites territoriales de Cavaillon
    Orgon est située de l’autre côté de la Durance face à Cavaillon. Mais si l’une est en terre de France, l’autre fait partie du Comtat Venaissin. Or le courant de la rivière était propriété royale, il était alors tentant pour les cavaillonnais d’aller chasser ou de couper du bois dans les nombreuses îles qui parsèment le cours de la Durance. Ce fut l’occasion de nombreux procès entre les deux communes et souvent les légats durent sévir à l’encontre des cavaillonnais pris en flagrant délit. D’ailleurs, la peine était lourde, puisqu’elle variait entre trois et cinq ans de galères.
    Le siège des séparatistes de Cavaillon
    Durant la révolution, Cavaillon est une ville calme. Pourtant un épisode fameux s’y produit en janvier 1791 : le siège de Cavaillon par les avignonnais.
    Dès les premiers mois de la révolution, Avignon décide de se dissocier du Saint-Siège et de s’intégrer à la République Française. Les avignonnais expulsent le vice-légat Durini et les cavaillonnais suivent le mouvement. Mais le reste du Comtat Venaissin toujours fidèle à la papauté élit une assemblée représentative qui siège à Carpentras. Devant les velléités séparatistes cavaillonnaises, l’assemblée envoie 12.000 hommes occuper Cavaillon en juillet 1790. Cette armée y laisse une garnison qui est bientôt chassée. Aussitôt de retour, les comtadins font le grand nettoyage et expulsent de chez eux environ 1.200 cavaillonnais qui prennent le chemin d’Avignon, dans les premiers jours de 1791.
    Les soldats du régiment de Soissonnais et les avignonnais outrés par le sort fait à ces « patriotes », décident de les raccompagner à Cavaillon. 4.000 hommes et 3 canons prennent alors la route « pour protéger la rentrée des patriotes dans leurs foyers et les faire jouir du droit de délibérer librement ».
    Le 12 janvier, Cavaillon est investie. Durant trois heures des coups de feu vont être échangés. Le canon tonne jusqu’à ce que les assiégés arborent un drapeau blanc avec ces mots : « Paix, modération, justice ». Heureux de l’emporter, les républicains s’avancent, mais en s’engageant à l’intérieur des remparts : ils sont accueillis par une fusillade.
    Finalement le siège de Cavaillon aura fait cinq morts parmi les assaillants dont M. De Rostang, chevalier de Saint-Louis qui commandait l’artillerie assiégeante.
    La chasse aux loups de Cavaillon
    Les loups sont chassés à Cavaillon depuis le Moyen Age. Un quartier porte encore le nom des « Iles du loup ». Mais l’histoire conserve surtout cet épisode de 1725, durant lequel une louve enragée mordit plusieurs personnes, et des chiens durant le mois l’août. Ces derniers furent abattus, et le vice-légat Rainier d’Elci envoya d’Avignon le plus célèbre des médecins, Parrely, pour examiner les victimes. Celui-ci laissant les chanoines dire des prières prépara les remèdes contre la rage prescrits par Ambroise Paré et pour cela fit venir des écrevisses de l’Isle-sur-Sorgue. C’est le bouillon des écrevisses, puis leur corps séché et broyé qui est le remède le plus efficace. Hélas, trois personnes moururent, Jean Joseph Truchement, puis un nommé Blazat, enfin le 7 septembre, le valet de ferme du ménager Chabas. Il fallut de plus donner des indemnités à diverses personnes qui avaient gardé de force le malheureux pendant deux nuits et un jour.
    L’écus de Cavaillon
    Cavaillon a eu plusieurs écus. Le premier portait au Moyen Age la Tour de la Gache et la chapelle Saint-Jacques. Au XVIIIme siècle on les remplaça par une pyramide couronnée surmontée d’un soleil d’or, sans doute par analogie avec l’obélisque élevé par les arlésiens en l’honneur de Louis XIV. Mais finalement les anciennes armes réapparurent et désormais Cavaillon porte « d’azur à deux tours rondes d’argent, accostées et crénelées » ; au-dessous sont les mots « Cavarea Civitas ».
    Les élections mouvementées de Cavaillon
    Le 30 juillet 1848, les élections municipales de Cavaillon ont donné lieu à des désordres. Les légitimistes s’affrontaient aux républicains. Or, les trois bureaux de vote de l’époque furent tenus par des assesseurs uniquement légitimistes. Les républicains rongèrent leur frein toute la journée mais lorsqu’au dépouillement on s’aperçut qu’il y avait plus de bulletins de vote que de votants la bagarre se déclencha, faisant quelques blessés. Dans les jours qui suivirent, une polémique éclata à propos de ces événements dans les journaux locaux,

    La conversion de César de Bus, noble de Cavaillon
    César de Bus était un de ces gentilhommes de province avides de montrer leur valeur dans le métier des armes. Fils de famille noble de Cavaillon, il se rend à l’âge de 18 ans à l’armée du comte de Tende combattre les protestants. Une trêve survenue entre les combattants le fait revenir à Cavaillon où il cultive la poésie et écrit des tragédies. L’aventure l’appelle alors auprès de son frère Alexandre, commandant d’un vaisseau de ligne. Mais une maladie l’oblige à revenir dans sa famille. Il retrouve son frère à Paris où Charles IX l’a nommé capitaine des Gardes. Là, durant trois ans, le tourbillon de la vie de cour l’emporte et lorsqu’il revient à Cavaillon, c’est « bien divers de celuy qu’il souloit estre auparavant. »
    Cavaillon est trop petit à son goût et il loge à Avignon où la vie de cour est fort joyeuse. En 1573, il perd son père et un de ses frères chanoine. Ce n’est que deux ans plus tard, qu’il paraît attiré par un autre genre de vie. Il reprend alors des études au collège des Jésuites. Bientôt il est nommé prêtre, puis chanoine. Avide de solitude, il vit dans une chambre du cloître de la cathédrale, puis en 1585, s’installe dans l’ermitage Saint-Jacques. Sa fortune lui permet d’agrandir l’église d’une travée, de la décorer de tableaux, d’agrandir le logement de l’ermite. L’escalier qui escalade la colline menace ruine ; il y travaille lui-même et le fait orner de cinq oratoires. L’évêque de Cavaillon, enchanté d’une si belle manifestation de piété, obtient du pape Sixte-Quint un bref accordant des indulgences particulières aux pèlerins. Durant six ans, l’ermitage de Saint-Jacques est assiégé par une foule de fidèles. Mais les attaques des Réformés se renforçaient et l’ermite dut descendre de sa colline.
    C’est en Avignon que César de Bus fonde l’ordre des Pères de la Doctrine Chrétienne ; mais les doctrinaires s’installent sur la colline, près de l’ermite du sanctuaire et y resteront jusqu’en 1680, année où ils descendront occuper le couvent des Oratoriens près de la porte du Clos.
    Durant toute cette époque il y eut un ermite à Saint-Jacques. Il avait pour fonctions de sonner la cloche à l’heure de l’Angélus et tirait également sur sa corde pour annoncer les orages. Tous les ans, il se rendait à Arles où il était un des porteurs de la statue de saint Antoine lors de la fête du 17 janvier. Lorsque le chapitre de Cavaillon sortait en procession, c’est également lui qui portait la croix. Son existence était assurée par le produit des quêtes qu’il effectuait dans les environs.
    En 1645, l’ermite Emmanuel Palme était peintre ; dix ans plus tard il est remplacé par Julian Aubert, de Digne ; c’est de Reims qu’arrive Louis de la Pierre, qui est suivi par frère Gabriel du Billon. Puis on rencontre les noms de François Boqui, François de Bayol. Le dernier ermite fut François-Xavier Fassel, ancien dragon des guerres de Napoléon 1er. Il s’adjoignit un compagnon qui un jour le précipita du haut du rocher afin de s’approprier une quête plus abondante que de coutume. Depuis il n’y a plus d’ermite sur la colline Saint-Jacques, mais le lieu demeure fréquenté pour son harmonie et la beauté du paysage qui s’étend sur les toits de Cavaillon et les premières pentes du Luberon.


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