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    Luberon

    Ville d’Apt

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    Description

    L’occupation des hommes du Néolithique dans la région d’Apt a laissé de nombreuses traces. Plus tard, lorsqu’est réalisée la fusion entre les Celtes envahisseurs et les Ligures autochtones, la tribu des Vulgientes s’établit sur le site de Perréal qui devient la capitale de la puissante confédération des Albiques. Mais ceux-ci vont au secours des massaliotes, se font battre par César qui va raser l’oppidum gaulois pour élever une nouvelle ville : la Colonia Apta Julia qui est rattachée à la tribu Voltinia.

    Située sur la voie domitienne, la grande voie qui relie l’Italie à l’Espagne, la cité grandit rapidement et l’étendue de ses vestiges enfouis entre 4 et 10 mètres de profondeur permet de penser qu’elle était au moins aussi vaste que Vaison-la-Romaine et que dix mille habitants y demeuraient. Il y avait à Apt un théâtre, des allées de tombeaux qui s’étendaient sur plusieurs kilomètres le long des grandes routes à la sortie de la ville ; on a retrouvé les emplacements des temples, celui du forum le long de la rue des marchands, les thermes sous le palais épiscopal.
    Le sous-sol a rendu en quantité des autels, des inscriptions, des statuettes, des objets usuels qui témoignent de la vie gallo-romaine d’Apt. On connaît ainsi les noms de certains quattuorvirs : Valerius Fronto, Titus Camullius, Caius Allius ; celui du curateur Q. Soillius Valerianus véritable gouverneur d’Apt, Cavaillon, Avignon et Fréjus, flamine de la Narbonnaise à qui les aptésiens élevèrent une statue à Nîmes.
    La première invasion franque entre 260 et 280 va détruire Apt, et sans doute faciliter la montée du christianisme puisqu’un évêché existe déjà en ce IIIme siècle.

    Au siècle suivant, les chrétiens édifient leur première église intra muros ; mais au Vme les grandes invasions déferlent et Apt va mourir. Des hauteurs alentour où ils s’établissent pour survivre, les aptésiens regardent la destruction de cinq siècles de paix romaine et de prospérité. Jamais la ville ne retrouvera la splendeur qu’elle connut alors. Après le passage d’Amo et de ses Lombards entre autres envahisseurs, le pays d’Apt sombre dans les ténèbres et, dit Jean Barruol : « Pendant près de quatre cents ans, les artères romaines qui la découpaient en insulae et qui desservaient au sud les quartiers escarpés de Saint-Vincent et des Tours, déverseront sur cette partie de la ville en ruines, plusieurs mètres d’apport torrentiel ».

    Le terrain aptien
    Il désigne en géologie un étage de la série infra crétacée entre le Barrêmien et l’Albien. On y trouve en particulier des sables quartzeux, des argiles plastiques, des calcaires cendrés et des marnes feuilletées.

    Apta Julia
    Cité romaine est placée sous le patronage de la tribu Voltinia. Parmi les importants vestiges que l’on a retrouvés de la période impériale, figurent les deux belles statues de marbre découvertes au quartier du Clos en 1720. Elles furent après un périple chez les marchands d’antiquités, vendues à un anglais qui les emmena en Grande Bretagne. Elles ornent aujourd’hui les collections du château de Chatsworth qui appartient au duc de Devonshire.

    Saignon
    Ancien ange gardien d’Apt qu’il domine de toute la masse de son rocher. C’est le mot latin Signum, le signal, qui a donné son nom au village. D’ailleurs, pendant les guerres de religion, afin de prévenir tout le pays de l’arrivée des bandes armées, une cloche de l’abbaye Saint-Eusèbe fut transportée à Saignon.

    Les armoiries d’Apt
    C’est l’épée de César qui est représentée dans les armoiries de la ville d’Apt. Elles sont : « de gueules, à l’épée d’or, dans un fourreau de sable au bout d’or, entortillé de son ceinturon de sable, muni de deux agrafes d’or et mises en pal ». Le glaive de César a été adopté pour rappeler la légende du passage du dictateur romain dans la cité.

    Le cartulaire de l’église d’Apt
    Recueil de 126 documents datés de 835 à 1125 qui tous se réfèrent à l’église d’Apt, donnant d’inestimables renseignements sur les propriétés, la vie quotidienne et les gens de cette époque, MM. Didier, Dubled et Barruol ont d’ailleurs publié un ouvrage que seules les qualités de ces trois savants pouvaient permettre de rédiger.

    Consuls, évêques et comtes
    Charles Martel finit par avoir raison des invasions sarrasines et met en place les Comtes. Milo Mondan est le premier dont le nom nous soit resté par une donation qu’il fit en 835 à l’abbaye de Saint-Martin-de-Castillon. Comte de Senés, de Glandevès et d’Apt, il fait partie de ces seigneurs mandatés par un prince pour gouverner une région et qui peu à peu devant la faiblesse du pouvoir central se l’approprie. Son successeur est Teutbert, comte d’Apt et d’Avignon.
    Mais les musulmans continuent leurs incursions dans la région. Il faudra la capture de Maïeul en 973 pour que la Provence entière se soulève et chasse les sarrasins à jamais. Alors le pays, saisi d’une hâte presque fébrile, se met à reconstruire. Apt se relève, Saignon, Caseneuve, Saint-Saturnin, Viens, Roussillon, Saint-Martin bâtissent des châteaux, les églises sont remontées plus belles, plus grandes. Les alentours de l’an Mille témoignent d’une renaissance à laquelle l’action de saint Maïeul, originaire de la région, n’est pas étrangère.
    Alors évêques et comtes se partagent l’autorité. Au XIme siècle Robert et Varacon, deux frères, sont à la tête d’Apt en compagnie d’un troisième seigneur, Humbert, qui est à l’origine des familles d’Agoult et de Simiane.
    L’évêque saint Etienne fait construire l’église de Sainte-Marie-Nouvelle qu’il consacre en 1038. Odilon, abbé de Cluny qui a succédé à Maïeul, réside quelque temps à l’abbaye Saint-Eusèbe, dont l’abbatiale est consacrée par le pape Urbain II en 1096. Alfant, évêque d’Apt, fait reconstruire l’ancienne cathédrale et découvre dans les fondations les tombes des premiers évêques du diocèse. Son neveu Laugier d’Agoult lui succède ; il sera un des chefs des croisades.
    Mais face aux évêques et aux comtes, la commune montre sa force et bientôt les habitants se réunissent pour le parlamentum, la réunion des chefs de famille qui élit quatre consuls pour les représenter.
    Les partis en présence vont être obligés de définir leurs pouvoirs respectifs. Les consuls en 1252 ont la garde des remparts et les clefs des portes de la ville. Ce sont eux qui font construire les murs et les tours ; ils accordent le droit de citoyenneté ; ils ont à leur charge la police des champs, des marchés, ils fixent le montant des impôts et gèrent la commune.
    Les comtes se réservent la haute et moyenne justice, répression des brigandages et des rixes ; ils ont droit de cavalcade, le monnayage, le droit d’auberge.
    Enfin l’évêque conserve un tribunal d’appel pour les sentences émanant des juges seigneuriaux.
    Mais cette belle organisation ne dure que cinq ans puisqu’en l’an 1257, Charles 1er d’Anjou soumet tout le monde à son bon vouloir et supprime le consulat. Deux syndics veilleront désormais aux droits communaux jusqu’en 1525.
    Urbain V vient d’Avignon séjourner à Apt ; les états généraux de la province s’y tiennent ainsi qu’un concile régional. La vie est paisible dans la ville lorsqu’en 1343 une épidémie de peste s’abat sur elle et déclenche un massacre des juifs de la cité rendus responsables par la populace du fléau qui s’abat sur elle.
    Les aptésiens n’ouvrent même pas les portes devant le sénéchal. Raimond d’Agoult venu rétablir l’ordre ; il leur en coûtera 450 florins d’or d’amende.
    La mort de la reine Jeanne met aux prises Charles de Duras et Louis d’Anjou. Louis et sa mère Marie de Blois se réfugient à Apt, ce qui attire Raymond de Turenne le brigand des Alpilles. Le siège est mis, mais Turenne ne peut l’emporter, il se contente de ravager les environs et se retire.
    Mais la ville se vide et les syndics offrent aux étrangers de s’y établir sans avoir d’impôts à payer.

    Le monstrueux loup d’Apt
    Saint-Odilon raconte dans sa Vie de saint Mayeul que Foucher son père, avait capturé un loup monstrueux, une nuit, après s’être couvert d’une peau de bélier. C’est ce qui explique les armes successives de sa famille : d’or au loup d’azur, puis de sable au bélier d’or.

    Le Bailli d’Apt
    Ce juge royal, a sous sa juridiction tout le territoire entre la Durance et le comté de Sault, de Viens jusqu’à Mérindol. Son sceau représente deux soldats armés entourés des mots : « Sigillum Comitii Aptensis » ; plus tard, il portera les armes mi-parties d’Anjou et d’Aragon avec les mots : « Sigillum curiae civitatis aptensis ».

    Le conflit de Simiane, seigneur d’Apt
    En 1202 un conflit éclate entre le comte de Simiane, seigneur d’Apt et le comte de Forcalquier. Un arbitrage est donné pour éviter la guerre par l’entremise de Guillaume des Baux, Guillaume Laugier et Guirand Enée. Simiane doit endosser tous les torts et en réparation, le comte de Forcalquier obtient pour chacun de ses passages dans Apt le logement gratuit pour lui, deux cents cavaliers et leurs montures.

    Le blasphème à Apt
    Au XIIIme siècle, un blasphème était puni d’une amende de 100 coronats ou de 8 heures de carcan place du Postel. Le blasphémateur portait alors une mitre de papier avec la mention : « Voici un blasphémateur du nom de Dieu ». A la même époque, les perruques furent interdites comme objets de luxe ainsi que les jeux de hasard.
    Le Voile de Saint-Anne rapporté par un aptésien
    Le prétendu Voile de Sainte-Anne n’est en fait qu’un cadeau fait par le calife à des chevaliers français lors de la première croisade. Trois aptésiens célèbres y participaient : Isoar, évêque d’Apt, Raimbaud de Simiane et Guillaume de Sabran d’Ansouis. C’est très certainement l’un d’entre eux qui a rapporté cette robe d’honneur offerte par les souverains musulmans à ceux qu’ils voulaient honorer. Restauré dans les ateliers des Gobelins en 1934, le voile de Sainte-Anne est un des rares documents tissé et brodé du Vme siècle de l’hégire.

    Le Moyen Age des filles de joie à Apt
    « Que le grand diable leur torde le cou », s’écriait Rémerville en parlant des filles de joie qui exerçaient à Apt. C’est que dès le XIVme siècle, il y a une Rue des Femmes dans la ville ; y exercent, Catherine la bretonne, Merinia, Monnette la lombarde, Martinette la flamande, Hughette de Nice, Marguerite la normande. A cette époque, alors qu’à Beaucaire il est interdit à l’abbesse du lupanar de coucher plus d’une nuit avec le même individu, et qu’à Tarascon la ville fait construire une maison publique et en tire des revenus, les syndics d’Apt se réunissent 13 fois de 1364 à 1473 pour décider du logement de ces dames. En 1329 pourtant il était interdit aux Meretvix publica de pénétrer dans les hostelleries et les cabarets, et elles ne pouvaient se désaltérer qu’au seuil des tavernes, à moins de 2 sous d’amende.
    Pourchassées par les lois, elles étaient menacées du fouet et du pilori sur la place du Postel. Jusqu’au XVIme siècle, comme dans bien d’autres villes, les filles d’Apt furent obligées de porter une aiguillette pour les distinguer des honnêtes femmes car dit un juge : « una bestia rougnousa gasta las autras », ce qui en bas provençal signifie : « une bête galeuse gâte les autres ». Ainsi en 1356 l’une d’elles est punie pour avoir porté des boutons argentés. Johanette de Lyon reçoit le fouet car elle vêt des vêtements de lin réservés aux bonnes femmes. Puis en 1415 les maquerelles sont interdites dans la ville sinon elles seront « pendues per la gorja et estranglat ».
    Fernand Sauve, qui a étudié les rapports dans la société des dames de petite vertu à Apt, rapporte aussi que les hommes pouvaient être condamnés pour leur fréquentation assidue du lupanar. Ainsi Pierre Maistre qui, marié, a connu la pécheresse Aleguette Peblice, doit payer une amende de 100 sous. Un autre est condamné à 10 sous pour avoir couché avec Baudette. Guillaume de Sault à 20 sous alors que le savetier Jacques Boyer est poursuivi parce qu’il « a connu la grosse Catherine ».
    Elles étaient cependant entourées d’un minimum d’égard, puisqu’il est fréquent de relever des condamnations pour gifles, coups ou insultes. Certaines de celles-ci sont si savoureuses qu’elles méritent d’être relevées. Ainsi les mots courants de « Bastarda, putan, pugnaysa, folla, cogul, orda (sale) ou vil puta » ne sont que des dénominations qui ont encore cours à notre époque. Mais les expressions les plus pittoresques sont passées de mode. Ainsi on pouvait entendre dans les rues d’Apt au XIVme siècle : « Despoderadassa (guenille), cana grossa, truanda, rascassa, ribaude, vielha destral (hache), strata sebenta (coureuse savante), pétarda correguda (trainée), vil truya, merdosa, concagada » ; le sommet de ces incongruités semblant être : « Va idiote, va, tu fais des poupées pour tes enfants avec la peau de tes mamelles », qui valut à son auteur une belle et bonne amende.

    La peste fait des ravages à Apt
    Durant la peste noire de 1343 à 1348, les juifs furent accusés d’empoisonner les fontaines. Une enquête fut ordonnée par la Reine Jeanne, mais ses envoyés furent chassés de la ville par une population en colère qui se mit à massacrer tous les juifs qu’elle rencontrait. Le quartier de la juiverie fut alors pillé et brûlé.

    Le testament de Jean de Sabran et les Cordeliers d’Apt
    Jean de Sabran fit son testament le 4 juin 1370. Il voulut être enseveli aux Cordeliers d’Apt, en habit de Saint-François, accompagné de quatre brandons. Il refusa qu’on accompagne sa dépouille de sa bannière et de son cheval armé.

    L’histoire du barbier d’Apt
    Maître Imbert de Mirabeau est barbier à Apt le 4 septembre 1414, lorsqu’il soigne la femme d’Antoine Rostang de Saint-Christol. Il assure avoir fait disparaître avec l’aide de Dieu, la bosse qu’elle avait. Rostang ne nie pas, mais trouve les honoraires demandés un peu cher. Quatre arbitres sont nommés devant notaire qui décident en définitive que Rostang doit payer.

    Les Vaudois au bûcher
    En 1447, Jean Feraud sera le premier vaudois d’Apt à être brûlé vif.
    Le XVIme siècle devait être dévastateur pour les aptésiens. Les contributions en hommes et en argent pour les expéditions des rois de France en Italie, l’expulsion des juifs, la peste, tout contribue à appauvrir un pays qui va être en proie à d’atroces guerres de religion.
    Les vaudois se sont établis sur la face sud du Luberon puis se répandent dans la plaine du Calavon. Or dès 1514 Pierre Ebrard, inquisiteur de la Foi, enquête à Apt et met ses habitants en garde contre les hérétiques.
    L’évêque d’Apt applique à la lettre ces consignes ; il fait emprisonner 154 vaudois et brûler vif Claude Pellenc, accusé d’avoir prêché en public. Aussitôt, 400 vaudois des environs prennent les armes, attaquent les prisons et libèrent leurs coreligionnaires.
    On connaît les noms des massacres de Cabrières et de Mérindol. Malgré cela, les aptésiens suivent les prêches tenus à Roquefure par le pasteur Jean de la Plante ; en ville, c’est Savigné qui logé chez le maître d’école reçoit de nombreux auditeurs.
    Leur exemple est contagieux, à tel point que Apt ville catholique a plus de cinq cents de ses membres qui participent aux assemblées. Bientôt l’évêque J.B. de Simiane et l’abbesse de Sainte-Croix quittent la ville pour se joindre aux réformés, après avoir apostasié en compagnie du grand vicaire d’Albertas.
    Puis ce sont les sièges qui se succèdent. Paul de Mouvans en 1560, le capitaine Bras en 1562. Le baron des Adrets la même année arrive avec 4.000 hommes, mais est obligé de se retirer devant l’avance de Sommerive après avoir mis le feu aux Cordeliers.
    La défense de la ville oblige à entretenir plus de 500 soldats sur les murs et les emprunts se succèdent. Après les sièges des religionnaires, c’est la lutte entre Carcistes et Razats qui entraîne le baron de Céreste, maître de tous les villages avoisinants à mettre le siège devant Apt, où il échouera, en 1568.
    La peste, la guerre, la famine, le manque d’argent. Ces fléaux entraînent la ville jusqu’ici catholique à passer aux protestants. Le retournement est tel que l’évêque, Pompée Périglio devra s’enfuir à Bonnieux. Il faudra la conversion d’Henri IV pour que les combats cessent dans la ville.
    L’argentier emprisonné d’Apt
    En 1416, les syndics d’Apt, le seigneur d’Ansouis et le gardien des frères mineurs sont bien ennuyés. Ils ont réussi à réunir 77 marcs d’argent et 9 deniers pour faire une châsse à Saint-Elzéar, mais le plus célèbre artisan argentier de la région est en prison. Jean de Piémont, quelque peu faussaire à ses heures, fera toutefois le travail dans sa cellule pour le prix de deux florins et neuf gros.

    Les cloches d’Apt
    Au XVme siècle, les cloches étaient employées de multiples façons. C’est ainsi que le 4 avril 1464, Antoine Chauvin et Bertrand Bachelier, promettent aux syndics de la cité d’Apt de sonner ou de faire sonner les cloches toutes les fois que cela sera nécessaire pour faire fuir les tempêtes et le tonnerre afin de conserver intacts les fruits du terroir. Le contrat est établi un an en échange de 45 florins.

    Le Concile d’Apt et ses canons
    Le Concile d’Apt de 1465 adopte 28 canons valables pour toute l’église provençale. Le 7me défend aux évêques d’entretenir des bouffons et des comédiens, de nourrir des chiens et des oiseaux de chasse, afin « que ces animaux ne mangent pas le pain destiné à la subsistance des pauvres ». Il est encore spécifié que les écuyers des évêques devront porter des habits d’une longueur convenable et il leur est interdit de porter des chaussures de plusieurs couleurs.

    La repopulation d’Apt grâce à ses impôts
    Au début du XVme siècle, les rues d’Apt sont presque mortes. Pour attirer chez eux de la main d’oeuvre, les syndics suppriment les impôts pour tous ceux qui viendront s’y établir, de plus, ils fournissent gratuitement les outils aux artisans. En quelques mois arrivent des tuiliers de Reillanne, un pâtissier d’Avignon, des serruriers, des tourneurs, des barbiers de Caderousse et de Mirabeau, des arbalétriers de Caderousse et de Carpentras, un cordonnier de Toulouse, des olliers (fabricants de marmites) de Bédoin.

    Le petit doigt de Sainte Anne d’Apt
    Louis XIII parcourt la Provence, démantelant les châteaux trop puissants. De passage à Apt, il découvre le culte des reliques de sainte Anne. Or le malheureux roi fait des prières auprès de tous les saints de quelque importance pour avoir un descendant ; il a fait un pélerinage à Notre-Dame de Liesse qui n’a pas encore eu l’effet escompté et, en désespoir de cause, le pieux souverain a dédié son royaume à la Vierge.
    Aussi, lorsqu’il entend parler de sainte Anne, il conseille à son épouse Anne d’Autriche d’essayer les vertus de cette sainte si prisée en Provence.
    La reine demande alors aux consuls de la ville de lui faire don d’un morceau d’os de sainte Anne pour qu’elle puisse la prier plus commodément dans son oratoire. Les aptésiens émus que tant d’honneurs pleuvent sur leur cité décident de soustraire aux précieuses reliques conservées dans la cathédrale, le petit doigt. Le chanoine Signoret et François d’Autric sont chargés par leurs concitoyens d’escorter le petit doigt de sainte Anne jusqu’à Paris, mission dont ils s’acquittent à merveille, en 1623.
    Malgré toutes ces délicatesses, Louis XIV ne viendra au, monde qu’en 1638 et Anne d’Autriche sans doute déçue par cette longue attente ne passera à Apt qu’en 1660. Elle permettra pourtant aux aptésiens de terminer la nouvelle chapelle élevée en l’honneur de sainte Anne, et à laquelle on donne aujourd’hui le nom de chapelle royale.
    Malgré les désillusions d’Anne d’Autriche, le culte de sainte Anne ne cessa de prendre de l’importance dans le pays d’Apt et on prit l’habitude d’échanger des anneaux d’argent pour sa fête. A la veille de la Révolution, on eut même la surprise de voir le courrier ne plus être adressé à Apt, mais à Sainte Anne d’Apt, à Saint Anadat ou encore à « Monsieur Silvestre, juge de Gordes, à Sant Anna d’Apt. »
    Le fameux Carrousel d’Apt créé par Rémerville en 1697
    Joseph François de Rémerville Saint Quentin est né à Apt en 1653 et devait y mourir en 1730. Cet érudit a laissé une oeuvre exceptionnelle pour son époque. Il a étudié les manuscrits du cartulaire, fait exécuter des fouilles, étudiant notamment l’époque romaine de la cité d’Apt. Mais c’est sans doute son Livre de Raison qui relate la vie privée, économique et sociale à Apt sous Louis XIV, qui demeure son oeuvre essentielle.
    Rémerville partit à Paris comme un cadet de Gascogne pour tenter d’y trouver la gloire des armes. Il y trouva le salon de Madame de Scudéry. Quoi d’étonnant qu’il en revint avec « l’esprit de la bonne compagnie ». Un de ses contemporains rapporte qu’il « était galant auprès des dames et ingénieux pour les divertir ».
    De fait en 1697, Rémerville est un des organisateurs du fameux Carrousel d’Apt. Versailles avait bien des fêtes fastueuses, pourquoi ne pas lancer un grand divertissement chez soi, pense Rémerville qui, pour la fin du carnaval, prépare deux jours de réjouissances. Trois quadrilles sont mis en place. Ses membres sont vêtus à la romaine avec beaucoup de rubans. Le premier quadrille a pour couleurs l’argent et le feu, le second l’or et le vert, sauf son chef appelé le Beau Ténébreux qui est couvert d’or et de noir. Chaque quadrille se compose de douze chevaliers et de figurants. Ils vont se livrer à des séries de jeux : combat à la lance, courses de bagues et de têtes à la lance et au sabre, joute poétique. Les deux reines de la fête, la marquise de Buoux et Madame d’Auribeau, jugeront de la valeur, de l’adresse et de la galanterie des participants. Tous portent un casque où flottent des plumes blanches et sur leur écu est inscrite une devise pour la dame de leur choix. C’est ainsi que le chevalier du soleil, qui a pour emblème un tournesol, a choisi « Je n’en regarde qu’une » à l’intention de Mlle Dauphin qui, elle, porte bien entendu un dauphin. Du côté des chevaliers on trouve Messieurs de l’étoile, de la rose, de l’ardente épée, du soleil. Les hérauts sont de « courtefigue et de l’ardent désir ». Ces dames se nomment « la princesse de Lisle, la princesse Dolorinde ou de Micomicon ».
    Le troisième quadrille est celui de Don Quichotte qui est entouré de maures en turbans. Don Quichotte porte sur son écu ces mots : « Belles qui pourriez méprendre, sachez que sous ce fer aussi nous avons pour vous un coeur tendre », et il passe fièrement suivi de son quadrille à sonnettes.
    Vainqueur de la course des bagues, le chevalier des Ardents reçoit de la princesse de Lisle le prix du tournoi, une bague ornée de douze diamants. La princesse Dolorinde elle, remet au vainqueur de la course des têtes, le chevalier de la Rose, un riche noeud de rubans.
    Ainsi se termina le Carrousel d’Apt dont on parla des années durant comme de la plus belle des fêtes que I’on ait jamais vue dans la région.

    L’éclipse à Apt rapportée par Rémerville
    L’éclipse du 12 août 1654 est rapportée par Rémerville qui signale qu’elle eut lieu entre 9 heures et 10 heures du matin. Il ajoute « qu’un astrologue de la ville d’Apt avait prédit des choses si funestes sur cette éclipse qu’on y fut dans une consternation générale jusqu’à ce que l’événement ait justifié la vanité de cette science ». Un autre chroniqueur raconte que cette éclipse « donnerait aux eaux une si grande malignité que tous ceux qui en boiraient contracteraient sur le champ des maladies incurables et pestilentielles, de sorte que chacun faisait auparavant de grandes provisions d’eau qu’on enfermait dans les caves où le jour ne pénétrait d’aucun endroit ».

    La peste de 1720 envahie Apt
    Alors que la peste fait rage à travers la Provence, Apt se protège comme elle peut du fléau. C’est ainsi qu’elle interdit à Gilles Renoux venant d’Aix d’entrer dans la ville. Plutôt que de retourner sur ses pas, celui-ci préfère passer trente quatre jours dans une grange abandonnée pour montrer qu’il n’est pas porteur de peste.
    C’est une contrebandière qui livre la ville à la maladie. Elle vend du coton à la famille Meyssard dont tous les membres tombent comme des mouches. Emprisonnée, la femme avoue son forfait, mais il est trop tard. En quelques mois, plus de 250 aptésiens vont mourir. Ce ne sont pourtant pas les médicaments qui manquent, mais les boîtes thériacales ou l’huile de scorpion, la corne de cerf, l’huile de lin, le sirop « rosa soluti », n’ont pas grand effet. Un chirurgien propose en février 1721 de couper les parties infectées et d’imbiber les plaies d’un mélange de camphre, de thériaque, d’égyptiac et d’esprit de vin.
    Parmi les médicaments employés on trouve le plus souvent la ceinture garnie de vinaigre et de blancs d’oeufs battus, ainsi que le bouillon garni d’une demi once de fleur de soufre.
    Mais l’épidémie finit par s’apaiser. Une désinfection générale est organisée et en dix-huit jours 112 maisons sont visitées. Pour remercier les jésuites de leur coopération, les consuls leur offrent les oeuvres de Bourdaloue dans une belle reliure. Alors que les consuls organisent les secours pendant la peste, les Capucins refusent de recevoir deux de leurs frères chez eux. Plus grave est le cas des Cordeliers qui, dès le début du fléau, se réfugient à la campagne. Profitant de leur absence, les consuls transforment leur couvent en infirmerie. Mais une fois tout péril écarté, les Cordeliers reviennent et réclament des indemnités diverses, dont une pour leur manque à gagner lors des fêtes de saint Elzéar et de sainte Delphine, une autre pour leurs terres restées en friche et 10 sous pour chacun des frères par jour d’éloignement. Les consuls décidèrent à la suite de ce conflit d’enterrer les morts non plus dans leur église, mais dans le cimetière.
    Mais le comble du grotesque fut sans doute atteint par l’évêque d’Apt, monseigneur Foresta :
    Durant toute l’épidémie, le prélat se terre à l’évêché. On se souvient en comparaison de la conduite héroïque de monseigneur Belsunce à Marseille à cette même époque. Lorsque le mal commence à régresser et sur les instances des consuls, monseigneur Foresta sortit de son repaire pour bénir la ville. Il ne le fit qu’en menaçant de faire tuer quiconque oserait l’approcher durant la procession et exigea un fusilier par devant sa personne et un fusilier par derrière pour éviter d’être contaminé.
    Une dernière surprise attendait les Cordeliers à leur retour au couvent : leur orgue ne fonctionnait plus et ils durent emprunter à un nommé Bernard pour réparer l’instrument « détraqué par les rats et les corbeaux qui y badinaient ».
    La population d’Apt divisée en deux
    Sous l’ancien régime la population d’Apt était divisée en quatre classes. Un relevé de 1774 nous apprend que la première se composait de 100 prêtres et religieux avec 35 domestiques, de 290 gentilhommes et officiers royaux et de leurs 105 serviteurs. La seconde classe comprenait 265 officiers de justice, médecins, bourgeois et 35 domestiques. 280 marchands étaient. dans la troisième classe. Dans la quatrième se trouvait le plus grand nombre avec 1785 ouvriers, artisans, petits marchands, agriculteurs ; 1126 ménagers et propriétaires ; 1450 paysans et journaliers ; 400 paysans des bastides environnantes. A ces chiffres s’ajoute environ 80 indigents.
    François de Ripert de Monclar d’Apt
    C’est comme adversaire des jésuites surtout qu’est connu François de Ripert de Monclar, né à Apt en 1711, mort à Saint-Saturnin en 1773. Procureur général du Parlement de Province, ce gallican a prononcé des discours enflammés contre les sociétaires de Jésus. Partisan de la réunion du Comtat Venaissin à la France, il fut l’instigateur de nombreuses réformes sur le commerce des grains, la mendicité, l’assistance aux déshérités, les subventions aux collèges. Retiré dans son domaine de Saint-Saturnin, il continuera à mettre ses idées en pratique à l’intérieur de son propre domaine.

    Jean Baptiste Modeste, militaire d’Apt
    Jean Baptiste Modeste d’Anselme né à Apt en 1740 est un militaire de l’armée d’ancien régime. Général en chef de l’armée d’Italie, il est nommé maréchal de camp en 1791 puis participe à la prise de Villefranche l’année suivante. Victime d’une intrigue politique, il est destitué par les révolutionnaires, jeté en prison à Paris en 1793 et sera sauvé par le 9 thermidor. Il prendra alors sa retraite et mourra en 1812. Son nom est gravé sur l’Arc de Triomphe de l’Etoile.

    Le pont sur la Durance d’Apt
    A quel endroit sera construit le pont sur la Durance ?
    Ce fut en 1767 le sujet de la longue bataille épistolaire, scientifique et économique que se livrèrent les aptésiens et un groupe de villages de l’autre rive de la Durance. Lambesc, Orgon, Noves, Saint-Canat, Senas, Barbentane, Châteaurenard, Saint-Andiol, Eyragues, Eygalières, Rognonas et Verquières se liguent pour obtenir des autorités provinciales que le pont se fasse au bac de Noves qui est le passage « le plus utile et le moins cher ». Les aptésiens au contraire soutiennent qu’il faut le construire à partir du rocher de la Janson à quelques toises de Villelaure afin d’assurer un débouché direct vers Marseille dont c’est ici la route la plus courte. En fait cette bataille, qui oppose les transhumants et les producteurs de grains aux producteurs d’huile, se terminera à l’avantage de ces derniers, puisque aujourd’hui encore entre Noves et Caumont se succèdent les ponts routier et autoroutier.

    Apt durant la révolution et Sainte Ursule en bonnet phrygien
    Dès le début de la révolution, Apt et Pertuis se disputent pour être le siège du chef lieu d’arrondissement. Onze mémoires sont imprimés sur ce grave débat. En 1790, les deux clubs, celui des « Patriotes », présidé par Reboulin cadet et celui des « Amis de la Constitution » présidé par Dom Dreux ex-abbé de Sénanque, s’affrontent.

    Les couvents sont fermés et les objets d’art sont envoyés à la fonte de la monnaie. Puis le marquis de Saporta est élu maire. Avec ce royaliste en place, nombreux sont les prêtres réfractaires qui se cachent dans la ville se croyant en sécurité.
    Mais le régime se durcit très vite et les maires se succèdent au rythme des épisodes révolutionnaires. On sort la statue de sainte Ursule de l’église et on la coiffe d’un bonnet phrygien pour en faire une « liberté » très acceptable. Le port de la cocarde est rendu obligatoire, les habitants doivent éclairer leurs fenêtres la nuit pour éviter les désordres. Tous les individus suspects doivent se présenter tous les jours à cinq heures du soir à l’hôtel de ville, où le conseil siège en permanence. Les quatre prisons sont d’ailleurs pleines et il n’est bientôt plus possible d’incarcérer.

    A cette époque le tribunal révolutionnaire d’Orange juge les aptésiens Forest, homme de loi ; Rive, orfèvre ; Argaud, serrurier ; Barbery, employé du district; Perrin, ex-religieux ; Mathieu Grand, maçon ; les deux frères d’Autric de Vintimille ; Brun, Elzéar, Chaix et Peyroard. Ils sont accusés d’avoir conspiré contre la république et le fédéralisme. Condamnés à mort en août 1793, ils sont guillotinés devant le théâtre antique vingt quatre heures plus tard. Quatre autres aptésiens, Grand, Méritan, Garcin et Dumas sont eux condamnés à la prison pour le même motif quelques jours plus tard.

    A Apt on supprime l’exercice du culte pour proclamer celui de l’Etre suprême. Les maires et les représentants en mission se succèdent. Des prisonniers sont relâchés, on enferme les membres du comité révolutionnaire en place la veille, le 17 fructidor de l’an II. Les désordres dans les rues se poursuivent. Le salpétrier Molinas est assassiné, puis Martin Joly, dit le Pâtre, est trouvé tué à coups de couteaux, Jérôme Romane est abattu d’un coup de fusil. Devant le nombre sans cesse croissant de crimes, l’intervention de l’armée devient nécessaire. Les émigrés revenus et les prêtres réfractaires sont arrêtés. Puis, tandis que la révolution s’effiloche, ils seront relâchés.
    Sous Napoléon, les aptésiens se feront remarquer par leur facilité de désertion. Près d’un tiers des conscrits se dérobent au service militaire et des règlements très stricts seront pris à l’encontre des déserteurs et de leurs familles.
    Par la suite, Apt suivra le courant national dans la voie du progrès puisqu’un essai d’éclairage public est tenté en 1830.
    Pourtant le coup d’état de Louis Napoléon en 1851 fait naître une flambée républicaine à Apt et une cinquantaine de ses habitants seront jugés.
    Aujourd’hui Apt, si elle continue d’exporter ses fruits confits si célèbres, se préoccupe de son avenir et tout en se modernisant s’embellit chaque saison davantage pour devenir un centre touristique important.

    Les surnoms d’Apt par Barjavel
    Barjavel, dans son ouvrage sur les dictions et sobriquets patois des villes et villages de Vaucluse, paru en 1849, nous apprend que les gens d’Apt ont deux surnoms : « carrin d’Ate », leur dit-on à cause de leur caractère hargneux ou encore « suço harencado » : suce hareng, car ils sont aussi d’une grande sobriété.

    Jean Joseph Aude, auteur de pièce de théâtre à Apt
    Jean Joseph Aude n’a pas laissé son nom dans l’histoire en tant que secrétaire de Buffon, le grand naturaliste dont il a écrit la vie, mais en tant que vaudevilliste. Il laissera plus de quarante pièces de théâtre écrites entre la Révolution et l’Empire dont les plus célèbres portent les noms de Cadet Roussel et de Madame Angot. Né à Apt en 1755, il meurt à Paris en 1841.

    Spécialités d’Apt
    Dans la région d’Apt, certaines spécialités étaient fort productives, ainsi l’apiculture et la sériciculture qui produisit 6.800 kg de soie sauvage en 1902.
    Les fruits confits d’Apt sont connus depuis longtemps. Leur production est d’environ 15.000 tonnes par an. Ce sont surtout des cerises qui sont livrées sur le marché. Les fruits proviennent des vergers de la région, mais devant la demande accrue, c’est vers l’Italie que les producteurs se tournent pour faire face à une production grandissante. Les fruits confits glaçés, les bigarreaux confits, pour la pâtisserie et les cakes, les fruits de laboratoire, par exemple les cubes des pastèque, sont de plus en plus demandés. C’est la consommation française qui reste la plus forte, mais l’exportation vers les pays anglo-saxons ne cesse de s’étendre. Ainsi, Apt, que Madame de Sévigné appelait déjà « un chaudron de confiture » ne cesse d’accroître sa renommée.

    Les mines de souffre d’Apt
    Il y a des mines de soufre dans les collines qui entourent Apt. Exploitées au début du XIXme siècle pour les besoins de l’agriculture, elles le furent encore plus durant la guerre de 14-18. On en tirait alors plus de 60 tonnes par jour. Les réserves des Tapets et de Saignon s’étalent suivant une couche épaisse de plus d’un mètre et sont estimées à 250.000 tonnes.


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