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    Village de Mirabeau

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    Description

    Les chartes du Xme siècle qui parlent de la navigation sur la Durance, mentionnent toutes que les bateaux s’arrêtaient à Pertuis et n’allaient pas au-delà. On peut donc se demander s’il n’y avait pas encore une chute d’eau en amont qui interdisait le passage.
    C’est que le « pertuis » de Mirabeau n’a guère que 150 mètres de large. Entre ces deux murailles de rochers s’engouffre la Durance. Il est fort probable que la percée soit, géologiquement parlant, récente.
    Le fief de Mirabeau appartint, aux XIVme et XVme siècles à la famille Barras, puis, par le mariage d’Anne de Savournin veuve de Pompée de Barras, avec Charles de Glandevés, à cette famille en 1570.
    Jean Antoine de Riquetti épousa une Glandevés et hérita de Mirabeau, qui fut érigé en marquisat en 1685 pour Honoré II de Riquetti, syndic de la noblesse en Provence et guidon des gendarmes de la garde.
    Ce dernier fut le père de Victor de Mirabeau, « l’ami des hommes », et le grand-père de l’orateur de la Constituante.
    Le château fut incendié pendant la révolution. Par la suite, il fut acheté par Lucas de Montigny, collectionneur de tout ce qui touchait au tribun révolutionnaire, qui le remit en état. Puis la comtesse de Martel, la « Gyp » des milieux littéraires y habita ; enfin, Maurice Barrès en fut le propriétaire.
    Aujourd’hui, le château de Mirabeau avec ses quatre tours arrondies, crénelées, ne ressemble en rien au château-fort qu’a dû connaître Honoré Gabriel de Mirabeau, surnommé « Hercule des Français. »
    Quand au pont du pertuis, il fut pris par les maquisards en 1944 pour couper la route aux chars allemands, bombardé par les alliés pendant trois jours de suite en août, puis les résistants le firent sauter le 17 août. Le pont actuel a été reconstruit en 1947.
    La famille de Riquetti n’est pas originaire d’Italie comme elle voulait le faire croire, puisqu’on disait que le premier Riquetti avait été amené en Provence par le roi Robert d’Anjou. Mais elle vient de Seyne-les-Alpes où ses membres étaient instituteurs. C’est au XVme siècle que les Riquet, tel est leur vrai nom d’origine viennent s’établir à Marseille où ils feront fortune dans le commerce du corail. C’est l’Hermite de Souliers, généalogiste bien connu qui a fabriqué pour Thomas Riquetti ses aïeux italiens.
    Oncle de l’orateur, le « bailli » de Mirabeau était un excellent homme, né en 1717. Lors du siège de Mahon, c’est lui qui eut la vie sauve grâce à un livre de Virgile qu’il serrait sur son coeur et qui arrêta une balle alors qu’il montait à l’assaut.
    La fête du Roitelet se pratiquait encore à Mirabeau au siècle dernier. A Noël, durant la messe de minuit, les jeunes gens du village amenaient dans l’église un roitelet qu’ils avaient capturé auparavant. Le « pétouso », le plus petit des oiseaux était alors lâché dans la nef par le célébrant qui lui rendait la liberté et offrait une aumône.
    Honoré Gabriel de Mirabeau
    « On le fuit à le voir, on s’arrête à l’écouter ». Cette formule dite par une dame, définit la vie de Mirabeau, le grand orateur de l’Assemblée Constituante. Fils de l’auteur de « l’Ami des Hommes », le marquis de Mirabeau fut durant la plus grande partie de sa vie poursuivi par un père tyrannique qui ne mettait guère en pratique les formules qu’il concevait au sein du mouvement physiocrate.
    A 18 ans Mirabeau s’engage dans la cavalerie. Il se fâche bientôt avec son colonel qui le fait emprisonner à l’île de Ré. Il en sortira pour participer à la conquête de la Corse avec le grade de sous-lieutenant. L’espoir de Mirabeau est alors de faire carrière dans l’armée ; mais son père, qui a des ennuis d’argent, refuse toujours de lui acheter un grade de capitaine.
    Après quelques années d’attente, Mirabeau décide de se marier ; il fait alors scandale à Aix en apparaissant au petit matin sur le balcon de la chambre d’Emilie de Marignane, fille de famille fort riche de la ville. Il invective les passants, alors qu’il est en chemise de nuit, jusqu’à ce que le père arrive et donne une bénédiction forcée à l’union de sa fille et de l’entreprenant jeune homme.
    Sa vie conjugale est bientôt agitée ; il est forcé d’emprunter aux usuriers de Pertuis et d’Aix, et finalement son père qui le poursuit en faisant lancer des lettres de cachet, le fait assigner à résidence à Mirabeau, puis enfermer au château d’If, ensuite au fort de Joux, près de Pontarlier. L’infortune conjugale de Mirabeau lui est déjà connue ; il s’échappe et se réfugie en Suisse où il écrit « l’Essai sur le Despotisme ». De retour à Dijon, il séduit Sophie de Monnier, s’enfuit avec elle en Suisse, puis aux Pays-Bas ; ils sont retrouvés à Amsterdam et extradés. Sophie est enfermée enceinte ; elle aura une fille, Sophie-Gabrielle, tandis que Mirabeau va ronger son frein au donjon de Vincennes. Il sera jugé par contumace pour rapt et Sophie à être enfermée le reste de ses jours dans un couvent.
    De 1777 à 1780, Mirabeau écrit les fameuses « Lettres à Sophie », puis les lettres au marquis, son père. Lenoir, lieutenant de police, le fait libérer ; Mirabeau n’a de cesse que Sophie ne soit à son tour libérée. Ensuite, il revient à Mirabeau.
    Sa carrière va véritablement commencer à Aix. Jusqu’à présent, jeune homme bouillonnant, ne réfléchissant que lorsqu’il a un sujet d’intérêt prononcé, Mirabeau va entamer un procès en séparation avec son épouse Emilie. La famille de Marignane a pris pour elle 23 avocats du barreau d’Aix, ne laissant à Mirabeau que le 24me inscrit. Il décide alors de plaider lui-même ; et en quelques semaines, même s’il perd son procès qui semble bien jugé d’avance, il va asséner des coups furieux sur la partie adverse qui finit par être identifiée à la noblesse toute entière. Son apostrophe à Portalis, le grand avocat aixois, est restée célèbre. Sa force de persuasion, sa voix forte, la séduction ou la puissance dont il joue à merveille vont le rendre populaire parmi la foule. C’est à la suite du procès qu’il provoque en duel le comte de Galifet. La rencontre a lieu à Aix, elle se termine par une écorchure pour le comte. Elle doit se poursuivre à l’Isle-sur-Sorgue. Mirabeau s’y rend et attend son adversaire. Ne le voyant pas venir, il lui envoie des écrevisses avec ce mot : « Elles trouvent qu’elles ne reculent pas assez bien. Elles s’adressent à vous, parce que personne ne peut mieux que vous leur apprendre à reculer… » Ainsi se venge-t-il de l’amant de son épouse.
    Rentré à Paris, il se lie avec Madame de Nehra ; il voyage, l’Allemagne, l’Angleterre sont pour lui sujets de réflexion. Allié avec Calonne, il attaque les banques privées et Beaumarchais en particulier, spécialiste de l’agiotage ; il finira d’ailleurs par se réconcilier avec lui.
    Envoyé comme agent en Prusse, il en revient avec le livre sur « la Monarchie prussienne » qu’il enverra plein de forfanterie au successeur de Frédéric II, et sur la Vie secrète de la Cour de Berlin qui fera scandale ; mais Mirabeau avait besoin d’argent…
    En 1788, il décide de se faire élire comme représentant des Etats Généraux. Mais son passé, sa violence le font exclure de l’assemblée des nobles d’Aix dont il dépend. Sa chance sera de calmer les émeutes de l’hiver 89 à Marseille où il met sur pied une milice bourgeoise et à Aix où il rend le même service. Elu à Marseille et à Aix, il choisit de représenter cette dernière ville en tant qu’élu du tiers état.
    On connaît la fameuse réponse qu’il fit le 23 juin 1789 à Dreux-Brézé, le grand maître des cérémonies de Louis XVI, lorsque le roi voulut disperser l’assemblée : « Nous sommes assemblés par la volonté nationale et nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes. »
    Mirabeau va bientôt atteindre le sommet de sa carrière politique. Partisan de la monarchie constitutionnelle, le tribun écrit le 6 octobre : « Il faut cesser de lutter contre la nation pour les ordres privilégiés. Il faut proclamer l’octroi à la nation de ce qu’on ne peut plus lui refuser, supprimer les parlements, réduire la liste civile, profiter de la joie que provoquera une telle proclamation pour que le roi sorte de Paris, non point clandestinement, mais en plein jour, transporter le gouvernement à Rouen et y appeler l’assemblée. »
    Cette lettre qu’il fait adresser à la cour est reçue par le Comte de Provence, le futur Louis XVIII qui ne la transmet même pas au Roi.
    Pourtant la cour fait appel à celui qui a la confiance du peuple pour essayer d’influer sur les événements. Il a même une entrevue avec Marie-Antoinette que le peuple lui reprochera. En attendant, il reçoit des émoluments importants qui lui permettent de vivre comme il l’entendait, en grand seigneur ; mais il est déjà trop tard, puisque le 2 avril 1791, Mirabeau meurt d’une maladie inconnue.
    Le peuple s’émeut de cette mort soudaine et croit qu’on a empoisonné son héros. Une autopsie sera faite en présence de l’accusateur public, de sept délégués de l’Assemblée et de 44 médecins. L’Assemblée crée pour lui le Panthéon où il est inhumé en grande pompe. Mais le courant d’opinion se renverse et en septembre 1794, son cadavre est remplacé au Panthéon par celui de Marat. Les restes de Mirabeau seront enterrés au cimetière Sainte-Catherine où ils n’ont jamais été retrouvés.


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