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    Avignon

    BANASTERIE (rue)

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    Description

    L’ancien quartier des vanniers, les fabricants de banastes ces grands paniers à transporter fruits et légumes, a laissé son nom à une des rues aristocratiques de la ville. C’est aussi une des voies les plus longues, puisqu’elle va de la place Saint-Pierre aux Remparts.
    L’hôtel Madon de Chateaublanc est au N° 13. Construit par Jean-Pierre de Madon à la fin du XVIIe siècle sur les plans du chevalier Pierre Mignard, il est un des plus intéressants de la cité. Il fut la propriété de Sixte Isnard qui y mourut en 1845, léguant ses biens à la commune sous la condition qu’elle réalise un hospice ce qui sera fait. En 1853, vendu aux enchères, l’hôtel est acquis par Augustė Palun. Son fils, Adrien fut le mécène qui donna la belle maison de Salviati à l’Académie de Vaucluse. C’est là que naquit sa fille Amélie en 1873. Un mariage heureux en 1893 avec René d’Adhémar, se termine en catastrophe ; le comte meurt dans l’incendie de la villa les Rameaux à Villeneuve, en 1908. La grande guerre arrive, Amélie se fait infirmière et dirige en gare d’Avignon le centre de la Croix Rouge. Elle mourut en 1955 dans son domaine de la Gache à Saint Rémy de Provence.
    L’hôtel appartient aujourd’hui à la M. Guy de Camaret, Bailli de l’Ordre de Malte et à Mme Martel. Sa façade à fronton est entourée par deux pavillons d’angle. De belles sculptures encadrent les fenêtres soulignées par des mascarons. Le vestibule d’entrée a conservé son plafond peint à la française. L’escalier, à droite, est bordé par une belle rampe en fer forgé, il est porté par une trompe d’angle remarquable. La cour intérieure est couverte d’une calade au centre de laquelle est dessinée la comète de Halley qui passa dans le ciel avignonnais en 1759. Les lettres M.C. figurent le chiffre des Madon de Chateaublanc. Beaux meubles et peintures de maître ornent les salons de l’étage. Celui du nord est agrémenté par un orgue. Des médaillons représentant Apollon, Bellone, Diane et la Renommée ornent les dessus de porte et sont dus à Antoine Vernet.
    N°15 : l’ancienne maison Fioravanti, famille originaire de Boulogne fut achetée en 1853 par le notaire Paul Giéra, un des sept fondateurs du Félibrige. Il mourra dans cette maison en 1861.
    N°23 : hôtel de Bonetti, du XVIIe siècle. A la Révolution, M. de Bonetti sera arrêté et guillotiné à Lyon en fan II.
    N°25 : l’hôtel Limon de Cohorn fut construit par Gabriel de Cohorn en 1703. Cette famille a une origine suédoise. Le premier à être venu en Avignon fut Pierre de Cohorn qui se réfugia dans les Etats Pontificaux au XVe siècle, à la suite d’un duel. Sa très belle pierre tombale où il est représenté en armure se trouve toujours dans la première chapelle du côté de l’Evangile, de l’église de Montfavet,
    No 26 : la maison de Costebelle avait été acquise en 1735 par l’abbé Jean-Pierre Calvet pour y installer la congrégation des «Pauvres Femmes» qu’il avait fondée en 1712. Il y fera construire une chapelle.
    Entre les N°37 à 45, se trouvait au XIIIe siècle l’hôpital de Notre-Dame de Salvation. Au XIVe siècle, un cardinal installa ici sa livrée appelée plus tard, livrée de Viviers Antique. Au XVe siècle c’est la grande famille des Boucicaut qui s’y implante pour un siècle. L’hôpital, de son côté, finira par péricliter et sera uni en 1459 à l’hôpital des Pèlerins du portail Matheron.
    Au niveau des N° 49 et 51 se trouvait, dans la première enceinte d’Avignon, l’emplacement de la porte Aurose, la porte du vent, qui deviendra la porte du Rhône ou la porte d’Orange.
    N°48 : la maison Bedoiseau a une façade Néo-Gothique qui a abrité durant un siècle une dynastie de fabricants de vitraux.
    N°55 : les Pénitents Noirs. En 1259 se trouvent à cet endroit les frères de la Pénitence de Jésus-Christ qui occupent le prieuré de Notre-Dame de Fenolhet (ou Fenouillet). En 1541, les Pénitents Bleus leur succèdent pour un demi-siècle, puisque cinquante ans plus tard ils auront leur chapelle en bordure du cloître des Carmes. Ils sont alors remplacés par la Compagnie des Pénitents de la Miséricorde, en 1591. Ces confrères sont placés sous le titre de la Décollation de Saint Jean-Baptiste (dit aussi Saint-Jean-Degoulhas) qui avait été fondée en 1586 par Pompée Catilina, colonel de l’infanterie pontificale.
    Les Pénitents Noirs, rue Banasterie
    La chapelle des Pénitents Noirs est une des plus belles réussite de l’art baroque en Provence. La construction se fera entre 1610 et 1631. Mais sa décoration va se poursuivre et prendre son aspect actuel à partir de 1739, sous l’impulsion du recteur Louis Manne. La façade présente un grand bas-relief dessiné par Thomas Lainée et exécuté par Jean-Baptiste Franque célébrant la gloire de saint Jean Baptiste dont le chef est emmené au ciel sur des rayons solaires. Le fronton est cerné par deux pots à feux. Le lieu est caractérisé par une anti-chapelle dont le sous-sol recèle les tombes des «pauvres prisonniers» et des «pauvres insensés» dont s’occupaient les pénitents, vocables inscrits sur les troncs de part et d’autre de la porte d’entrée. Deux autels en marbre leur fait face, l’un est surmonté d’un tableau de Reinaud Levieux, l’autre d’une oeuvre de Riminaldi. Le plafond en plâtre tendu est ornementé par une série de camaïeux bleus peints par Lauze sur le modèle de la Comédie italienne.
    La chapelle porte sur son plafond une longue peinture ovale de Pierre Courtois. Les murs couverts de lambris blancs soutachés d’or sont rehaussés de fêtes de Jean Baptiste et de motifs allégoriques. L’autel de marbre très voluptueux est du à Mazetti. Parmi les tableaux se trouvent les noms de Nicolas Mignard et la tradition veut qu’une tête du Baptiste soit de Rubens. Pendant longtemps, il y eut, fixée à la table de communion, une croix qui portait le célèbre Christ en ivoire de Guillermin et qui a été déposé au musée Calvet. Sur le côté, près de l’autel, une large grille permettait aux prisonniers d’assister aux offices.
    A droite de l’autel, derrière la porte de la sacristie se trouve un splendide lavabo de marbre de Mazetti. La sacristie elle-même a conservée l’ensemble de ses boiseries qui renferment toujours les objets du culte.
    Le résultat de ce décor est une adaptation théâtrale surprenante. On aurait attendu une grande simplicité chez ces pénitents zélés et pleins de charisme. Leur chapelle est d’une beauté inattendue, claire et dorée, où la fantaisie et les couleurs des marbres font danser les murs et surgir les oeuvres peintes.
    Le privilège de la Délivrance, rue Banasterie
    La confrérie est devenue rapidement une des plus importantes de la ville à cause de ses privilèges. Elle avait celui d’accompagner les condamnés à mort ; mais ce rôle public s’accompagnait depuis 1596 du droit de «délivrance». Chaque année, le jour de la fête de leur saint patron, les pénitents ont exercé durant deux cents ans ce droit de grâce exceptionnel. N’en étaient exclus que les condamnés pour crime d’hérésie, de fausse monnaie, de falsification de lettres apostoliques, de lèse-majesté ou d’empoisonnement. La délivrance la plus célèbre, fut celle de Catherine Joubert en 1781. Accusée d’homicide après une rixe, elle avait été condamnée à la réclusion perpétuelle. L’intervention des Pénitents Noirs lui rendit la liberté après une série de rites accomplis dans la chapelle et suivis par une foule nombreuse. Puis, une procession extraordinaire qui rassemblait une foule nombreuse de centaines de participants fut organisée à travers les églises et les chapelles de la ville.
    Les Pénitents Noirs avaient surtout la fâche ingrate d’assister les prisonniers dans leurs derniers moments. On se souvient surtout de l’exécution de Paul Cadecombe, assassin de son épouse en 1751. L’auditeur général Favier, donne une large place au jugement et à l’exécution dans ses mémoires, avec un sang froid déconcertant : « Le jeudi 13 mai, lorsque tout le monde a été dans la salle, on est venu m’avertir et je m’y suis rendu en habit et manteau court de l’ordinaire. Nous nous sommes tous placés autour de la table ronde et nous y avons commencé par prendre le chocolat avec la limonade, que j’ai fait servir à toute l’assemblée, quoique les autres auditeurs généraux ne donnassent que du café en hiver et de la limonade en été. Ensuite on a discuté cette cause et nous nous sommes levés à une heure après-midi ; nous sommes sortis tous ensemble pêle-mêle, moi cependant marchant le premier…
    La tête de Cadecombe, rue Banasterie
    Vendredi 14 mai. Le primicier de l’université est d’avis que ledit noble Paul de Cadecombe doit avoir la tête tranchée… On ajouta unanimement que le corps ne resterait exposé sur l’échafaud que l’espace de trois heures après quoi, il serait livré à ses parents qui le feraient ensevelir. Vers minuit, M. Marine, recteur de la Miséricorde est allé annoncer la mort au dit sieur Cadecombe.
    Le samedi matin 15 mai, la garnison ayant la baïonnette au bout du fusil avait fait faire un grand cercle autour de l’échafaud. Après la maréchaussée venait ledit Cadecombe avec son habit noir, ayant les yeux bandés avec un mouchoir. Le bourreau le tenait par derrière avec une corde qui liait les bras et le ceinturait, et, suivi par quatre archers de la maréchaussée à cheval. Il a eu la tête tranchée sur les onze heures et demi, et l’exécuteur a fait cette opération avec beaucoup d’habileté. Sa tête est restée sur l’échafaud ; ensuite le bourreau a dépouillé son cadavre et l’a laissé étendu en chemise sur l’échafaud et s’est retiré chez lui. J’ai ordonné de faire trouver quatre cavaliers de la maréchaussée autour de l’échafaud sur les deux heures et demi pour faire écarter la monde, afin qu’on put transporter le cadavre dans l’endroit où il devait être enseveli. Le chapitre de Saint-Pierre a refusé de l’ensevelir, de même que celui de la Magdeleine et les Grands Augustins. L’archevêque a fait une ordonnance portant que le cadavre dudit Cadecombe serait remis aux Pénitents de la Miséricorde et enseveli dans leur chapelle ».
    C’est à cette époque que les Pénitents ont fait refaire leur chapelle grâce à l’architecte Thomas Lainée. Pour payer les frais importants de la construction, le recteur Manne avait obtenu que les Pénitents Bleus, les Violets et les Rouges soient incorporés aux Pénitents Noirs. Cela permit, en partie du moins, de réaliser le superbe édifice à tendance baroque dont « la décoration est plus celle d’une salle de concerts que d’église ». En 1753, les trois autres confréries réussirent à reprendre leur autonomie. Plus tard, les Noirs se virent confier la gestion des «pauvre insensés» qui furent soignés dans l’enceinte de la confrérie. En 1791, les Pénitents durent cesser leurs activités et ne purent les reprendre, sous une nouvelle forme, qu’à partir de 1816. La confrérie a cessé définitivement d’exister après la première guerre mondiale.
    N° 55 bis était la maison d’arrêt d’Avignon. La dernière exécution capitale se déroula devant la porte de la prison le 15 février 1936. Michel Nicolini dit le Corse, condamné pour assassinat le 31 octobre entendit dresser les bois de justice à cinq heures du matin ; il entendit la messe et communia, fit écrire une lettre à ses parents (il était illettré), but un verre de rhum, fuma une dernière cigarette et fut guillotiné à 6h 20.
    N° 57 : au XVIe siècle se trouvait ici, la maison de la famille de Bus dont César fut le fondateur des Pères de la Doctrine Chrétienne.
    N° 58 : à la fin du XVIIIe Siècle, le portefaix Jean-Louis Roux avait épousé Elisabeth Royer, dite la Ratapiole. Elle fit le coup de feu à la Révolution avec les patriotes. Arrêtée le 21 août 1791, elle fut emprisonnée au Palais et fut témoin du massacre de la Glacière. Elle fut une des rares rescapées de cette affaire.
    N° 78 : au coin de la rue des Trois Colombes, le chevalier de Ramsay fonda en 1737 la Loge Maçonnique de Rite Ecossais qui devait durer jusqu’en 1742.


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