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    Avignon

    BALANCE (rue de la)

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    Description

    C’est André Malraux, alors ministre de la culture qui est à l’origine du sauvetage du quartier de la Balance. Cette rue qui doit son nom à une enseigne d’auberge médiévale était devenue un véritable cloaque, à la suite de l’appauvrissement du quartier. Dans l’Avignon d’après-guerre, c’était le quartier des «caraques», surnom donné autrefois aux gitans d’Avignon. Très populeux, le quartier étant en revanche complètement démuni du confort le plus élémentaire lorsque ses habitants furent délogés et transférés en grande partie aux HLM de la Croix des Oiseaux.
    On a regroupé les façades des maisons anciennes des XVe, XVIe et XVIIe siècles sur le côté Nord de la rue. De l’autre côté, les fouilles archéologiques se sont étendues jusqu’à l’actuelle place Campana. On y a retrouvé deux sépultures du Néolithique. Les squelettes retrouvés partiellement étaient en position foetale ; une tête isolée, était entourée d’une résille de Colombelles, tandis que le torse de l’autre, saupoudré d’ocre rouge, portait un baudrier de ces mêmes petits coquillages. Ces vestiges sont déposés au musée Calvet. Un trésor de 1.200 pièces d’argent de la Renaissance a également été découvert caché dans une cruche de terre enfouie dans un mur.
    C’est ici la partie la plus ancienne d’Avignon, au pied du Rocher des Doms, mais l’histoire de la rue commence, elle, au XIVe siècle avec les installations cardinalīces. La livrée du cardinal de Canillac, dont la tour émerge encore de l’hôtel de Bouchony englobait, un moment, cinquante trois maisons du quartier. Il en subsiste, dans la cour intérieure du restaurant Brunel, une croisée d’ogives qui porte un écu écartelé aux armes de Canillac et de Roger, soit du pape Clément VI. A l’étage du N° 46, un morceau de plafond du XIVe siècle porte également des parcloses aux armes de Canillac et de Mercoeur. Le cardinal de Murol habita aussi cette livrée. Sur la plateforme de la tour, les soldats du roi de France installèrent une redoutable machine de guerre lors du premier siège du Palais des Papes.
    Au début de la rue, le N° 3 appartint à la famille d’Anselme. Un Bernard Anselmi fut en 1434, dépouillé de ses biens à Florence et vint se réfugier en Avignon. Le blason d’un consul de cette famille est peint au premier étage de la tour du Jacquemart. Le 2 décembre 1790, Antoine Denis d’Anselme est suspecté d’avoir émigré : «la justice se transporta à la maison de M. d’Anselme, lequel était absent depuis longtemps et n’avait pas voulu payer le logement des soldats qui lui avaient été adressés ; elle fit enfoncer les portes, fit faire un saisie à concurrence du montant de la nourriture des soldats, députa un séquestre aux effets saisis, et l’on mit un gros cadenas à la parte de la rue dont on confia la garde à un voisin».
    Au N° 16 se trouvaient la maison et s’imprimerie de Niel dont quatre membres de la famille furent assassinés dans le massacre de la Glacière dans la nuit du 16 au 17 octobre 1791. Le cinquième, Jean-Joseph Niel sera guillotiné à Orange le 4 Messidor de l’an II (22 juin 1794).
    A l’angle de la rue des Grottes, les N° 35 et 37 appartiennent à l’hôtel de Suarès d’Aulan. C’est ici que naquit Joseph Marie Suarès qui fut évêque de Vaison la Romaine de 1633 à 1666 avant de devenir bibliothécaire du Vatican où il mourut en 1677. On lui doit de nombreuses recherches sur l’histoire d’Avignon. Ses manuscrits conservés à la Bibliothèque Vaticane et à la Bibliothèque Nationale restent très précieux pour la connaissance du vieil Avignon.
    Au N° 39 et alentour, se trouve l’hôtel Mercure. Dans un premier temps, il faisait partie de la chaîne Sofitel, mais le 5 août 1983, des malfaiteurs s’introduisirent dans l’établissement et firent feu sur des familles de touristes, tuant six personnes. L’établissement changea alors d’enseigne. Au moment de la démolition des maisons, Jacques Thiriot et moi-même avions fait la découverte d’une fresque de la première moitié du XIVe siècle, représentant un Couronnement de la Vierge. L’exploit en fut l’arrachage réalisé le dimanche de Pâques 1979. La peinture, restaurée se trouve aujourd’hui au palais des Papes, avec une scène de chasse qui se trouvait de l’autre côté du mur.
    A l’emplacement de la façade actuelle, se trouvait la maison de Joseph Bouchtay, orfèvre-graveur du Puits de la Reille, nom ancien du lieu. En avril 1793, François André, commandant la gendarmerie d’Avignon y fut accusé de contre révolution. Il allait être pendu au réverbère de la rue Vieille Poste par les sbires de Jourdan Coupe tête, quand son voisin, le tailleur Jean Joseph Joudou, père du futur historien d’Avignon, proposa, à cause de leur grande amitié, de prendre sa place. En fait tous deux échappèrent à la mort ce jour-là ; mais repris au mois de décembre, ils furent guillotinés à Orange le 4 Messidor de l’an II.
    Mais la rue Balance, c’est aussi le souvenir de «Crun-Crun», ce bonhomme qui au début du XXe siècle amusait les Avignonnais et leur faisait peur, parce qu’on disait qu’il avait le corps couvert d’écailles de poisson, Crun-Crun est l’Avignonnais qui a été le plus souvent représenté en carte postale sous l’appellation «homme de la rue», Jean Denis Longuet nous le racontait autrefois : «Vous vous souvenez de la fois où on l’avait habillé en danseuse. Sa soeur lui avait donné vingt sous pour qu’il ne ridiculise pas la famille en se travestissant ainsi. Comme M. Hughes, le coiffeur de la rue Balance lui avait donné quarante sous pour qu’il se travestisse, ce jour-là, Crun-Crun gagna ses trois francs».


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