Itinéraires du Luberon

Le Luberon du Comtat
A l’extrémité occidentale du Luberon, Cavaillon offre un excellent point de départ pour une magnifique excursion à travers la plaine du Comtat Venaissin entre le Luberon et les Monts de Vaucluse. On se rendra d’abord à l’Isle-sur-Sorgue voir Notre-Dame-des-Anges et son délire baroque. A deux lieues de là, le Thor entoure de ses maisons son église romane, typique de l’école provençale. Fontaine de Vaucluse est tout aussi connu par le souvenir de Pétrarque que par le gouffre de la fontaine aux eaux claires. Les Monts de Vaucluse sont tout autour du visiteur qui peut se rendre à Gordes par la grand route directement, ou bien, s’il préfère les chemins peu fréquentés, passera par Lagnes et Cabrières d’Avignon. A Gordes, le château de la maison de Simiane transformé en musée Vasarély, montre sa cascade de maisonnettes. Enfin Sénanque, l’illustre abbaye se dissimule dans un vallon rocailleux, est le chef-d’oeuvre du pays des bories, ces cabanes en pierres sèches qui parsèment les pentes de cette région.

La route des Cèdres
Quelques dizaines de virages escaladent la pente ouest du Luberon au-dessus de Cavaillon. La route des Cèdres récemment goudronnée permet aux promeneurs de pénétrer au sommet même du massif du Luberon. Une trentaine de kilomètres sur la route des crêtes fait découvrir l’extraordinaire réserve naturelle qu’est l’anticlinal géant. Des gorges profondes, une flore très riche, une faune qui se cache avec soin sur les versants et enfin la grande forêt de cèdres, sont les merveilles jusqu’ici inaccessibles que l’on découvre. Dans la descente vers Bonnieux on voit à sa droite la tour Philippe. Bonnieux et sa vieille église, Lacoste et le château du marquis de Sade permettent de revenir à Cavaillon par de petites routes charmantes, qui se faufilent entre les chevrons au sommet desquels sont perchés Ménerbes, on verra au bord de la route le fameux dolmen, et Oppède, vieux château déchiqueté croulant au bord des précipices.

Le plateau des Claparèdes
C’est une promenade dans le Luberon sauvage que celle du plateau des Claparèdes. Les clapiers qui ont donné leur nom au plateau sont les restes des cabanes des hommes du Néolithique. Mais avant d’atteindre ce site extraordinaire, l’excursion se dirigera vers Caseneuve où se trouve la magnifique demeure romane, bien que fort transformée au cours des siècles des barons de Caseneuve. On redescend dans la vallée du Calavon par Saint-Martin-de-Castillon et on regrimpe en face sur le Luberon en passant par Castellet. Sur le plateau, les villages de Auribeau, puis Saignon et Sivergues sont parmi les plus rudes de la région. Mais si Saignon qui domine la vallée fait maintenant partie de la banlieue d’Apt, Auribeau et Sivergues, les deux plus petites communes du département, offrent bien des aspects étonnants dans leur habit de pierres sèches.
Il faut se promener à pied sur le plateau des Claparèdes, et agir de même pour monter au fort de Buoux passé le village qui porte aussi ce nom. Là-haut, dominant les falaises alentour où priaient naguère des ermites, le vol des corneilles conte l’histoire des ruines colorées. En rejoignant la vallée de l’Ayguebrun, on passe près du prieuré de Saint-Symphorien dont le clocher roman s’agrémente de la solitude alentour. Par le col du Pointu on redescendra sur Apt et un détour permettra au passage de visiter le domaine de Mille, propriété où des vestiges du Moyen Age se dressent au milieu des vignes et dont le nom remonte, dit la tradition, au premier millénaire.

La féerie de la terre
La nationale 100 permet de sortir rapidement d’Apt pour parvenir au Pont Julien. L’ouvrage est romain, très bien conservé dans son environnement de terre rouge. Tout le sous sol du secteur est coloré de teintes vives, jusqu’à Roussillon où éclate la magnificence des ocres. Le village par ailleurs est très agréable. Au pied des monts de Vaucluse, Joucas est à moins d’une lieue à vol d’oiseau. C’est par là que passe la route qui conduit à Murs, la patrie de Crillon le brave. Sa maison, un château fortement restauré, font de Murs un centre d’attraction très visité. Les amateurs de préhistoire pourront au gré de leur flair trouver sur les garrigues des silex taillés il y a plusieurs milliers d’années. On redescend vers Apt en passant par Lioux, célèbre par son rejet de faille qui dépasse la centaine de mètres de hauteur. Une variante permet de se rendre jusqu’au château de Javon, fief des Baroncelli, sur la route de Sault. On revient alors à Apt en passant par Saint-Saturnin.
Colorado, rotonde et nécropole
L’itinéraire proposé déborde quelque peu le sujet traité dans cet ouvrage et se rattache surtout à la Haute Provence. Néanmoins, Apt est la base de départ la plus facile pour découvrir quelques lieux splendides tant par leur histoire que leur architecture. C’est à Rustrel que commence ce périple, par une promenade souvent plus longue que prévue, dans les anciennes carrières à ciel ouvert d’ocre. La vallée du Colorado vauclusien a une merveilleuse palette de couleurs qu’elle offre à l’admiration de ceux qui font l’effort de venir la voir. Des cheminées de fée, des ravines aux teintes de sang, les vallons charmeurs font rêver au Far-West, au Sahara ou tout simplement à un coin inédit de terre provençale. On rejoint ensuite Simiane célèbre par sa rotonde, ce très curieux bâtiment de style roman qui aujourd’hui encore pose le mystère de sa destination. C’est en suivant la vallée du Calavon que l’on arrive à Oppedette. Le village perché sur un éperon au-dessus de la rivière, domine les gorges que l’on peut parcourir à pied par un sentier balisé. Enfin avant de revenir à Apt, il est recommandé de faire un détour par Céreste. Dans les collines au nord-est de la ville, l’abbaye de Carluc montre une chapelle romane et une curieuse nécropole taillée dans la roche.

Sur les rives de la Durance
Lourmarin est un des grands lieux de séjour du Luberon. Son château est à quelques minutes de route des bords de la Durance où se trouve Cadenet, la ville du tambour d’Arcole et d’un étrange baptistère. Sur la rive gauche de la Durance, se trouve l’abbaye de Silvacane, la deuxième des abbayes cisterciennes de Provence. Sa visite est très agréable et vaut le détour. On revient sur la rive droite de la rivière par le pont de Mallemort qui est à proximité des gorges de Régalon, dont les falaises ne laissent qu’un passage large au plus de deux mètres. En revenant, Mérindol ne montre que des maisons neuves sur le souvenir du massacre des vaudois. Lauris est un ravissant village dont on remarquera le campanile.

Les châteaux du Luberon
Les terrasses entre le grand Luberon où culmine le « Mourre Nègre » à 1125 mètres et la Durance, abritent de riches vallons où se nichent les châteaux de la vallée d’Aigues. Lourmarin accueille aujourd’hui une fondation dans ses étages Renaissance. Cucuron est un village accueillant dont il faut voir le beffroi. Ansouis est encore habité par la famille de Sabran, un des plus grands noms de France. L’étang de la Bonde est un rendez-vous de pique-niques. Il alimentait naguère les douves du château de la Tour d’Aigues célèbre par sa dramatique histoire, mais qui dresse des vestiges importants, dont un majestueux portail. Plus discret est le château de Mirabeau où le tribun venait souvent montrer sa hure aux villageois. A Pertuis le beffroi est le seul vestige des anciennes murailles ainsi qu’une tour de l’enceinte. Enfin aux alentours de Cadenet, les chercheurs pourront découvrir dans la campagne des vestiges importants de fortifications.

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